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Histoire

Le Giussani... U Ghjunsani

 

 

Le Giussani est cette haute vallée de près de 95 km2 qui s'étend sur les premiers contreforts de la chaîne centrale de la Corse. La masse régulière du Monte Padru (2393 m) domine ces lieux. A Sta- toghja, a Curona, a Punta Radiche, Monte Grossu, San Parteu, Monte Tolu, Tornaboie, l' Alturaghja en sont les sentinelles.

La structure géologique façonne un relief accidenté. Au sud, les roches porphyriques portent les forêts de Tartagine et de Melaja. A l'ouest un imposant massif granitique fixe les villages de Mausoléo, Olmi Cappella et Pioggiola. A l'est, sur la zone de gneiss se trouve le village de Vallica. Au Nord, sont les terrains sédimentaires aptes aux cultures céréalières. L'action érosive des torrents Tartagine, Melaja et de leurs affluents y délimite de nombreuses vallées.

L'occupation humaine est avérée depuis la préhistoire. De l'époque néolithique datent les monuments mégalithiques, les cupules, les pierres gravées et tout le matériel lithique.Cupule1.png

Avant l'occupation romaine existaient deux centres de peuplement : celui de la vallée de Francioni et celui de la vallée de la Conca.

L'établissement du christianisme semble très ancien si l'on tient compte de la tradition orale et de la toponymie. San Parteu, compagnon de foi de Sainte Restitude de Calenzana est martyrisé à Calvi par les autorités romaines au IVème siècle.

 Cupule

                

          

Au VIème siècle, après l'invasion Vandale et l'oppressante occupation Byzantine, l'intervention du Pape Grégoire le Grand favorise l'essor religieux. De cette époque daterait la première Chapelle à Cappella.

Aux XVème et XVIème siècles, le Giussani fut le théâtre de conflits entre les féodaux et l'Office Saint Georges puis entre Sampiero Corso et les Génois. C'est sous l'administration génoise que se développèrent déboisement, défrichement et accroissement de la production agricole.

La période des guerres pour l'indépendance au XVIIIème siècle, voit l'active participation des habitants du Giussani à la cause nationale, qu'il s'agisse de la représentation aux consultes ou de la levée des combattants.

En 1790, lors de son retour d'exil, Pascal Paoli traversa le Giussani. On chanta en son honneur un Te Deum dans l'église Saint Nicolas d'Olmi Cappella. La Révolution vit disparaître l'ancienne piève du Giussani remplacée par le canton du Padru dans le département du Golo. Sous le Second Empire, l'Etat s'empare des forêts de Tartagine et de Melaja. L'interdiction de parcours du bétail sur 2000 ha et la disparition des fours à poix mécontentèrent les bergers. En compensation, l'ouverture de la route forestière désenclava le canton.

1902 voit l'édification de l'établissement Battaglini, grâce aux dons de Noël Battaglini un riche mécène originaire du canton résidant en Egypte. 

 

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 Bâtiment Battaglini 1925


En 1905, monsieur François Canioni ouvre le premier bazar. La Grande Guerre sonne le glas du monde de la tradition. Des siècles durant, la population a vécu de productions agricoles et d'élevages. Les villages ont disposé leurs jardins le long des ruisseaux. Le blé, l'orge, le seigle avaient un rendement faible mais demandaient un labeur incessant. De très nombreuses aires de battage témoignent de l'importance de cette activité. Les moulins, en grand nombre sur la Tartagine et le Francioni broyaient les céréales et les châtaignes. Ils permettaient à chaque famille d'avoir sa provision hebdomadaire de pain. La ressource principale était l'élevage. Les mulets et les bœufs de la région étaient très recherchés pour les travaux agricoles en Balagne et sur la côte orientale. Les troupeaux de chèvres et de brebis pratiquaient la transhumance. Les artisans : forgerons, maréchaux-ferrants, cordonniers, menuisiers, maçons débordaient d'activité. Le bois du pin laricio des forêts communales et privées était également source de revenus.

 

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Aire de Battage

Longtemps isolé géographiquement le Giussani a maintenu vivace une antique tradition culturelle. Les quatre villages vivaient au rythme des manifestations religieuses et profanes. Les fêtes du calendrier liturgique ainsi que tous les moments de joie ou de peine étaient l'occasion d'entendre les chants polyphoniques sacrés spécifiques de chaque communauté. Violoneux, guitaristes, accordéonistes entraînaient les farandoles carnavalesques et accompagnaient les chanteurs de sérénades.

Les plus anciens guidaient jusqu'en 1913 les pas des danseurs de la Muresca. Cette danse guerrière relatait la reconquête de la Corse sous occupation sarrasine par les croisés romains au IXème siècle. Les paghjelle, les chjam'è rispondi, les chants satiriques d'élections étaient très appréciés.

De nos jours, se maintiennent et se développent les traditions de chant polyphonique religieux grâce à la confrérie San Parteu.

Les traditions festives  ont été reprises  par l 'Association a Musa Ghjunsanica qui intervient également sur le plan de la découverte historique et naturaliste. ( Photo a Musa)

L'A.R.I.A œuvre au développement général du Giussani à partir de l'outil théâtral. 
Le Parc Régional travaille à la revitalisation de l'espace rural et à la valorisation du patrimoine culturel et naturel. Depuis mars 2007, une harde de 28 cerfs a été lâchée par les agents du Parc dans la zone de Moltifau avec une extension assurée sur le Giussani.

 

Office de tourisme du Giussani
20259 Olmi Cappella
+33 (4) 95 47 22 06

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